28.10.2008

Réaction de B. Delanoë suite aux annonces de N. Sarkozy sur l'emploi

Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures de soutien à l'emploi à l'occasion d'un déplacement dans les Ardennes. Réaction de Bertrand Delanoë.

Les annonces du Chef de l’Etat relatives au soutien à l’emploi m’inspirent les remarques suivantes :

- La relance des contrats aidés illustre la démarche incohérente de ce gouvernement. En effet, le budget de l’Etat pour 2009 avait programmé une baisse de 25% de ces contrats par rapport à ceux réalisés en 2008.
- De même, alors que 45 000 emplois avait été annoncé dans le cadre du « Plan banlieue » du gouvernement, ils semblent avoir disparu du dispositif gouvernemental, tel qu’évoqué aujourd’hui.
- En outre, le président de la République a dessiné une inquiétante dérégulation du droit du travail en mentionnant un « assouplissement » des contrats à durée déterminée (CDD), ce qui signifie davantage de précarité, notamment pour les jeunes salariés.


Comme d’habitude, le plan de financement détaillé de ces annonces demeure introuvable, sinon par un creusement de nos déficits, là où l’annulation du Paquet fiscal, la remise à plat des niches fiscales et la taxation des stocks options dégageraient des marges nouvelles.

Seule, une politique de fond en faveur de l’emploi pourra donner à notre pays les atouts indispensables face aux effets économiques et sociaux de la crise.
Cela implique notamment :

- d’investir massivement dans l’Innovation, la Recherche et les secteurs de la croissance écologique (bâtiments, transports propres, nouvelles énergies) ; cette action devrait même se concevoir à l’échelle européenne par un emprunt de 100 milliards d’euros concentré sur ces secteurs stratégiques ;

- d’apporter un soutien ciblé aux PME, en particulier par une présence de l’Etat dans les conseils d’administration des banques qu’il finance, afin de s’assurer de l’affectation pertinente des 10 milliards d’euros dont elles bénéficient ;

- de relancer le dialogue social, grand absent de l’actuelle politique gouvernementale, à l’heure où la désespérance sociale et la hausse prévisible du chômage exigeraient, au contraire, d’associer étroitement les représentants des salariés à la gestion de cette crise.

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